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Lundi 5 octobre 2026
CGV / E-commerce

CGV e-commerce : obligations et trame 2026

CGV e-commerce : trame, garanties, rétractation en ligne, médiation et preuve de commande. Les contrôles à effectuer sur votre boutique.

Des CGV e-commerce utiles décrivent le parcours réel de votre boutique : qui vend, ce qui est commandé, le prix, la livraison, les garanties et la manière de traiter un retour ou un litige. Un modèle bien présenté ne corrige pas un bouton de paiement ambigu, une mauvaise version jointe à la commande ou un droit de rétractation impossible à exercer.

Cette trame, revue le 26 septembre 2026, sert à organiser la rédaction et les contrôles. Elle doit être adaptée aux biens ou services vendus, aux clients et aux pays ciblés avant utilisation.

Ce qu’il faut retenir

  • Distinguez la vente aux consommateurs et la vente aux professionnels avant de rédiger vos conditions.
  • Vérifiez l’information avant la commande, l’acceptation des conditions et la confirmation sur support durable.
  • Pour l’occasion, ne confondez pas la garantie légale de conformité avec la durée de présomption d’antériorité du défaut.
  • La fonctionnalité de rétractation en ligne s’ajoute depuis juin 2026 aux contrôles des parcours concernés.
  • Retirez les anciens liens vers la plateforme européenne RLL/ODR et identifiez votre médiateur compétent.

Quel cadre appliquer à votre boutique ?

Pour les contrats à distance avec des consommateurs, l’Art. L221-5 du Code de la consommation organise l’information précontractuelle : caractéristiques, prix, identité et coordonnées du professionnel, garanties et, lorsque le droit existe, modalités de rétractation notamment. Les CGV réunissent une partie de ces informations, mais toutes ne peuvent pas être reléguées au bas d’un document.

Entre professionnels, l’Art. L441-1(II) du Code de commerce prévoit la communication des CGV établies à l’acheteur qui les demande pour son activité professionnelle. Ce régime ne se transpose pas tel quel à une vente au consommateur.

Dans les deux cas, l’Art. 1119 du Code civil fait dépendre l’effet des conditions générales de leur communication et de leur acceptation. Conservez une preuve portant sur la version concernée, et pas seulement sur l’existence actuelle d’une page « CGV ».

Trame de CGV e-commerce : dix rubriques à préparer

Rubrique Questions auxquelles répondre Vérification concrète
1. Vendeur et champ d’application Quelle entité vend ? Quels clients, produits et territoires sont concernés ? Les noms concordent entre site, commande, facture et contact client
2. Offre et caractéristiques Que reçoit le client ? Quelles limites, compatibilités ou fonctionnalités sont pertinentes ? Les conditions correspondent aux fiches produits et au service réellement fourni
3. Prix et paiement Quel prix total, quels frais, quel échéancier et quels moyens de paiement ? Une commande d’essai ne fait apparaître aucun coût obligatoire non annoncé
4. Formation de la commande Quelles étapes, corrections possibles, confirmation et version contractuelle ? La preuve permet de reconstruire le parcours d’une commande donnée
5. Livraison ou exécution Quels délais, restrictions et moyens de contact en cas de retard ? Le service client sait appliquer la procédure annoncée
6. Rétractation et retours Quel droit, quel point de départ, quels moyens d’exercice et quelles exceptions ? Le formulaire et la fonctionnalité requise sont accessibles et fonctionnent
7. Garanties Quels régimes légaux, quelles modalités et quelle éventuelle garantie commerciale ? Les mentions et encadrés correspondent à la catégorie de contrat
8. Réclamations et médiation Où adresser la réclamation ? Quel médiateur est compétent ? Le rattachement au médiateur et ses coordonnées sont vérifiés
9. Données personnelles Où consulter l’information propre aux traitements liés à la vente ? La collecte, les finalités et les destinataires sont expliqués au bon moment
10. Versions et dispositions finales Quelle version est applicable et comment suivre les modifications ? Les anciennes versions restent rattachées aux commandes correspondantes

Cette grille est un plan de rédaction, pas un contrat complet prêt à signer. Un abonnement, un contenu numérique, un bien personnalisé ou une place de marché peuvent demander des dispositions et un parcours différents.

Trois corrections juridiques à ne pas manquer

Garantie de conformité : l’occasion n’est pas limitée à un an

L’Art. L217-3 du Code de la consommation couvre les défauts de conformité existant à la délivrance et apparaissant dans les deux ans qui suivent, avec des règles propres aux éléments numériques. Pour les biens d’occasion, les douze mois prévus à l’Art. L217-7 concernent la présomption que le défaut existait à la délivrance. Ils ne réduisent pas à un an le délai d’apparition des défauts couvert par la garantie.

Distinguez également garantie légale et garantie commerciale. Une clause du vendeur ne doit pas présenter sa garantie facultative comme le seul recours disponible.

Livraison : utilisez les références et la procédure actuelles

L’Art. L216-6 encadre notamment la résolution en cas de manquement à la délivrance ou à la fourniture du service : mise en demeure et délai supplémentaire raisonnable dans le cas général, avec des cas de résolution immédiate prévus par le texte. Ne recopiez pas une ancienne référence à l’Art. L216-2 comme si elle décrivait encore cette procédure.

Vérifiez aussi les messages automatiques envoyés lors d’un retard. Le support doit appliquer les droits du client, même si un modèle interne propose d’abord un geste commercial.

Rétractation : contrôlez aussi l’interface depuis juin 2026

L’Art. L221-21, dans sa version applicable depuis le 19 juin 2026, prévoit une fonctionnalité gratuite pour les contrats à distance conclus au moyen d’une interface en ligne dans son champ. L’Art. L221-5(I)(7°) prévoit l’information sur son existence et son emplacement. Le droit de rétractation, ses exceptions et les règles transitoires doivent être examinés pour le contrat concerné.

Une nouvelle clause ne suffit donc pas : vérifiez l’accès à la fonctionnalité, son déroulement et la confirmation. Le guide du délai de rétractation de quatorze jours détaille les points de départ et le traitement de la demande. Ne confondez pas cette rétractation avec une résiliation d’abonnement ou une politique commerciale de retour.

Vérifier la commande et son dossier de preuve

Avant la validation, l’Art. L221-14 impose notamment un rappel lisible des éléments essentiels et une reconnaissance explicite de l’obligation de paiement. Le libellé de la fonction de validation doit rendre cette obligation non ambiguë. Une case d’acceptation des CGV ne remplace pas ce contrôle.

Après la conclusion, l’Art. L221-13 prévoit une confirmation sur support durable dans les conditions qu’il définit. Vérifiez que le client reçoit bien les informations contractuelles nécessaires ; une page web modifiable ne constitue pas, à elle seule, un dossier de preuve satisfaisant.

Notre grille de preuve de l’acceptation des CGV rapproche version, événement d’acceptation et commande. Le guide d’archivage des contrats électroniques permet ensuite de qualifier les obligations de conservation et d’accès applicables.

Médiation et données personnelles : deux vérifications distinctes

Indiquez le médiateur compétent dont vous relevez et les moyens de le saisir. La plateforme européenne RLL/ODR a été supprimée le 20 juillet 2025, comme le rappelle la DGCCRF. Actualisez les clauses et les anciens emails qui la mentionnent encore. La fiche médiation de la consommation propose une clause adaptée à cette suppression.

Pour les données personnelles, l’information prévue aux Art. 13(1) et 13(2) du RGPD doit correspondre aux traitements réels. L’acceptation des CGV n’est pas un consentement général à toutes les utilisations des données. Séparez notamment ce qui est nécessaire à la commande de l’inscription facultative à une newsletter.

Une recette pratique avant mise en ligne

Réalisez une commande d’essai sur ordinateur et sur mobile. Conservez une courte fiche de contrôle :

  • Avant la commande : informations accessibles, frais connus, erreurs de saisie corrigibles, bonne version des conditions.
  • Au paiement : prix final et engagement explicites, aucun abonnement ou supplément ajouté par défaut.
  • Après la commande : confirmation reçue et conservable, contenu contractuel cohérent, identifiant de commande.
  • En cas de retour : parcours correspondant au droit applicable, accusé de réception et prise en charge opérationnelle.
  • En cas de litige : contact fonctionnel et coordonnées du médiateur effectivement compétent.

En cas de modification, conservez les anciennes versions et examinez l’effet sur les contrats en cours. Le guide modifier des CGV pour les clients existants aide à distinguer nouvelle vente, renouvellement et modification d’un engagement déjà formé.

Questions fréquentes

Peut-on copier les CGV d’un concurrent ?

Un autre site peut avoir une activité, un parcours et des obligations différents. Utilisez une trame pour organiser le travail, puis vérifiez chaque clause contre vos produits, vos contrats et les textes applicables.

Une case « j’accepte les CGV » suffit-elle ?

Non. Il faut pouvoir établir la communication et l’acceptation des conditions pertinentes. Les obligations d’information, de confirmation, de paiement explicite et d’exercice des droits doivent aussi être respectées dans le parcours.

Faut-il obligatoirement les revoir une fois par an ?

Une revue annuelle peut être une règle de gestion interne ; ce n’est pas une fréquence générale imposée par les textes cités. Revoyez les conditions lors d’une évolution juridique ou d’un changement de produit, de parcours, de prestataire ou de pratique commerciale.

Existe-t-il une amende unique pour des CGV non conformes ?

Non. Les sanctions dépendent du manquement retenu : information, clauses interdites, rétractation, médiation ou autres obligations. N’appliquez pas un plafond unique à toute absence ou erreur de CGV.

Thiébaut Devergranne, docteur en droit de l’informatique, accompagne les professionnels sur la protection des données et la conformité numérique depuis plus de vingt ans.

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Thiébaut Devergranne
Docteur en droit des nouvelles technologies (Paris II)

Docteur en droit, Thiébaut Devergranne travaille en droit des nouvelles technologies et en protection des données personnelles depuis plus de 20 ans. Il a accompagné des centaines d'organisations dans leur mise en conformité RGPD et est le fondateur de Legiscope, logiciel de conformité RGPD.

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