A propos de moi

Nov 18, 2011 • Thiébaut Devergranne

Depuis plus de 15 ans maintenant j’aide les organisations à manager leurs risques juridiques en droit des nouvelles technologies.

La version courte :

  • Docteur en droit privé sciences criminelles, j’ai rédigé ma thèse sur “La propriété informatique”, version PDF ici mention très honorable avec les félicitations du jury - et autorisation de publication (Paris II, 2007 ; jury : J. Huet (Dir), H. Lecuyer, T. Revet, J.-C. Galloux, E. Caprioli).
  • Titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat.
  • +15 ans d’expérience, dont 6 pour les services du Premier ministre (SGDN/DCSSI) en qualité de conseil juridique, spécialisé en droit des nouvelles technologies.
  • Complètement passionné de nouvelles technologies ! Pratique de la programmation depuis plus de 20 ans (Php, javascript - dojo, python, C, C#, Sql, Shell…). J’ai développé une plateforme professionnelle CRM pour des cabinets d’avocats à mes heures perdues (plus d’1,2 M de lignes de code, deux ans de travail…). On est passionné ou on ne l’est pas !

La version longue :

J’ai été suffisamment chanceux pour avoir un ordinateur dans les mains à l’âge de 7 ans - un mythique TO7 ! Je me rappelle encore avoir programmé en BASIC, à l’époque cela ressemblait à:

10 PRINT “Bonjour ceci est mon premier programme” 15 PRINT “=============================” 20 GOSUB 1000 ‘Initialisation routine

Pas de disquette, pas de clé USB, juste des K7 audio sur lesquelles on enregistrait des programmes, qui faisaient une longue série de clapotis insensés quand on les passait sur un lecteur normal.

Loin de me douter que cette destinée me conduirait à une carrière de juriste, ce n’est que quelques années plus tard, en essayant de terminer un jeu vidéo, que j’ai compris l’intérêt de l’informatique. Car il y a vraiment deux manières de gagner :  soit passer des heures à essayer de passer des niveaux, tester des stratégies, perdre encore et encore, pour finalement arriver au niveau suivant ; soit décompiler le jeu, ajouter un maximum de crédits, démolir les équipes adverses, recompiler le tout, et faire des paris avec ses copains sur qui va finir le jeu en premier… Une manière sûre de gagner de l’argent de poche avant 15 ans (époque ou légalement c’était encore possible…)!

Puis vers 1995, Internet a un peu fait basculer la situation. J’ai commencé à être obstiné par la question : “mais comment ça marche, comment ça marche…”. Pourtant, bac en poche, je prends la direction de la fac de droit avec dans idée de devenir commissaire de police.

Et de “comment ça marche” en “comment ça marche”, je termine mon DEA en droit de la communication (mémoire sur la fraude informatique) avec, en plus de mes études de droit, un niveau équivalent à un jeune ingénieur informatique. On est en plein dans la bulle Internet et j’ai plus de propositions d’embauche en sécurité informatique (aucun diplôme n’existait à l’époque dans ce domaine donc il était courant de prendre des autodidactes) que pour des postes de juristes. Je rencontre la DST à plusieurs reprises, curieuse de mon profil à double branche (en partie, pour du travail juridique ;-).

Mais c’est l’invitation du Général Novacq, Directeur adjoint de la DCSSI, à travailler pour les services du Premier Ministre qui me convainc de mettre au service de l’Etat ma passion pour ces deux matières que sont le droit et l’informatique. En outre une administration est le lieu parfait pour pouvoir réaliser mon projet de thèse de doctorat que j’ai la très ferme intention de mener à bien.

S’ensuivent six ans d’intense labeur et de sacrifices : vacances, week-ends, amis parfois aussi, tout y passe, pour finir ce projet de thèse et rendre un sujet exemplaire. C’est le prix à payer pour les félicitations et la norme aussi dans les facs de droit : entre 4 et 6 ans de travail totalement acharné. Un engagement total. Une détermination à toute épreuve de mener ce projet, contre vents et marées. Assurément, on n’a rien sans rien.

Côté DCSSI, je suis baigné dans un monde professionnel hors norme. De par ses missions, son autorité, sa proximité avec le pouvoir politique, ses réseaux. De par la qualité exceptionnelle de mes collègues, leur passion indéfectible pour le service de l’Etat, la sécurité, la défense, la France. De par ses luttes intestines quotidiennes, son fonctionnement administratif, autant admirable que, parfois, savamment défaillant. Sa totale opacité, consubstantielle aux intérêts de la défense nationale, et des enjeux disproportionnés. A peine trois mois de boutique et sans autre forme d’expérience, je fais partie de la délégation française du G8 pour négocier une convention de droit international. Une ambivalence de tous les instants.

Dans le même temps les projets défilent : 6 ans d’enseignement en Master 2 à l’Université de Paris Dauphine, près d’une centaine de formations de hauts fonctionnaires ; je crée aussi le SSTIC avec l’équipe fondatrice de MISC, puis une société spécialisée en sécurité informatique, des consultations privées, de nombreux articles sur le droit de l’informatique…

Six ans après, direction avocat, avec le projet de réaliser pendant le temps de ma formation un logiciel révolutionnaire dont l’idée me travaille depuis quelques temps. Deux ans de travail, 1,2 millions de lignes de code plus tard le projet est construit. Entre temps mon expérience dans un cabinet international m’a déçu et d’anciens collègues me sollicitent pour les aider. C’est le temps de l’indépendance !

Aujourd’hui je forme des banques, des grandes entreprises françaises et étrangères, des administrations, des entrepreneurs sur la conduite de leurs projets.

Et plus de quinze ans après, j’adore toujours autant ça ; qu’il faille comprendre des problématiques techniques pour les appréhender juridiquement, ou que le dialogue se fasse directement avec des acteurs décisionnels, les enjeux sont toujours aussi passionnants.