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Dimanche 27 septembre 2026
CGV / E-commerce

Clause de juridiction : éviter une attribution invalide

Clause de juridiction : distinguez commerçant, professionnel et consommateur avant de désigner un tribunal dans vos CGV.

Une clause attribuant tout litige au tribunal du siège du vendeur apparaît souvent à la fin des CGV. Elle ne devient pas valable parce que le client a coché une case. Il faut d’abord vérifier la qualité des parties, le type de compétence visé et le caractère interne ou international du contrat.

Pour un contrat interne, commencer par l’article 48

L’article 48 du Code de procédure civile encadre les clauses dérogeant à la compétence territoriale : elles sont réputées non écrites sauf si les parties ont toutes contracté en qualité de commerçant et si la clause apparaît très clairement dans l’engagement de celui auquel elle est opposée. Un simple statut de professionnel ne remplit donc pas automatiquement la condition. Source : article 48.

La qualification du client doit précéder la sélection des CGV. Profession libérale, association, artisan et société commerciale ne sont pas des étiquettes interchangeables pour cette analyse.

Une grille avant de conserver la clause

Question Conséquence pratique
Contrat interne ou international ? Déterminer le régime pertinent avant d’utiliser le modèle
Toutes les parties contractent-elles comme commerçants ? Vérifier la condition de l’article 48 dans son champ
Compétence territoriale ou matière du litige ? Ne pas confondre choix géographique et attribution légale du contentieux
Clause connue et acceptée ? Retrouver le document applicable et son acceptation
Présentation très apparente ? Vérifier le rendu réel de l’engagement, y compris sur écran
Contradiction avec un document négocié ? Examiner l’ensemble contractuel

Cette grille sert à décider s’il faut une clause particulière ou un renvoi aux règles applicables. Elle ne permet pas de choisir librement n’importe quelle juridiction.

Vérifier l’opposabilité et la présentation

Les conditions générales ne produisent effet que si elles ont été portées à la connaissance de l’autre partie et acceptées. L’article 1119 règle également les conflits entre conditions générales et la priorité des conditions particulières. Source : Code civil, article 1119.

Contrôlez la version jointe au devis, le document signé et l’écran réellement présenté. Une clause enfouie dans un fichier différent de celui accepté pose un problème distinct de sa mise en gras. La preuve d’acceptation des CGV doit permettre de retrouver la formulation et sa présentation.

Préserver les possibilités du consommateur

R. 631-3 du Code de la consommation permet au consommateur de saisir, outre les juridictions territorialement compétentes selon le Code de procédure civile, celle du lieu où il demeurait lors du contrat ou du fait dommageable. Une formule imposant exclusivement le tribunal du vendeur ne doit pas supprimer ces possibilités. Source : R. 631-3.

Pour des CGV destinées aux consommateurs, préférez une information exacte sur les voies de recours à la copie d’une clause B2B. La médiation de la consommation relève d’un autre volet : elle ne permet pas de fabriquer une compétence judiciaire exclusive.

Traiter séparément les ventes internationales

Une clause internationale exige une analyse des instruments applicables, de leur champ et des protections particulières. Ne transposez pas mécaniquement les seules conditions de l’article 48 à tout contrat transfrontière.

Le guide des ventes transfrontières dans l’Union européenne distingue choix de loi et choix du juge. Dire « droit français applicable » ne désigne pas, à lui seul, le tribunal compétent.

Ce qu’il faut retenir

  • Pour les contrats internes, professionnel et commerçant ne sont pas synonymes.
  • Opposabilité, présentation et validité sont des contrôles distincts.
  • Une clause ne doit pas retirer au consommateur ses possibilités légales de saisine.
  • Traitez la compétence internationale dans un examen spécifique.

FAQ

Une clause en majuscules est-elle toujours valable ?

Non. Sa visibilité ne remplace ni la qualité requise des parties ni les autres conditions du régime applicable.

Peut-on imposer son tribunal à tout client disposant d’un Siret ?

Le Siret ne suffit pas à établir que le client a contracté en qualité de commerçant. Qualifiez les parties et l’opération.

La clause de droit applicable choisit-elle aussi le tribunal ?

Non. Ce sont deux questions différentes, à traiter dans des dispositions cohérentes.

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À propos de l’auteur. Thiébaut Devergranne est docteur en droit privé, titulaire du CAPA et fondateur de Legiscope. Il travaille depuis plus de vingt ans sur le droit des technologies et la protection des données.

Thiébaut Devergranne
Docteur en droit des nouvelles technologies (Paris II)

Docteur en droit, Thiébaut Devergranne travaille en droit des nouvelles technologies et en protection des données personnelles depuis plus de 20 ans. Il a accompagné des centaines d'organisations dans leur mise en conformité RGPD et est le fondateur de Legiscope, logiciel de conformité RGPD.

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