Entretien de parcours : organiser le suivi employeur
Entretien de parcours professionnel : actualisez les échéances, distinguez les événements déclencheurs et conservez un compte rendu utile.
Un tableau RH continue de programmer tous les entretiens selon l’ancien rythme de deux ans. Depuis la réforme de 2025, les échéances et le contenu de l’entretien de parcours professionnel ont changé. Il faut revoir le calendrier individuel, sans effacer l’historique des obligations déjà échues.
Appliquer le nouveau cadre et sa transition
L. 6315-1 prévoit un entretien pendant la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans, ainsi qu’un état des lieux tous les huit ans. Des accords peuvent prévoir une périodicité différente sans dépasser quatre ans. Le texte distingue également des événements de reprise et de carrière. Source : L. 6315-1, I à V.
Au 26 septembre 2026, une transition reste à vérifier pour les accords collectifs antérieurs portant sur la périodicité : le nouveau régime leur devient applicable le 1er octobre 2026, selon la disposition transitoire de la loi du 24 octobre 2025 reproduite sous l’article. Ne reportez pas automatiquement toutes les échéances de deux années supplémentaires.
Refaire le tableau de suivi salarié par salarié
| Donnée de suivi | Utilisation |
|---|---|
| Embauche et ancienneté | Premier entretien et état des lieux |
| Entretiens réalisés | Dates, documents remis et période couverte |
| Accord applicable | Périodicité et règle transitoire vérifiées |
| Événement de reprise | Type légal d’événement et entretien récent éventuel |
| Visite de mi-carrière | Déclenchement du calendrier sans diagnostic médical |
| Formation et évolution | Éléments examinés lors de l’état des lieux |
| Prochaine échéance | Date calculée et fondement conservé |
Pour les reprises visées par L. 6315-1, l’entretien est proposé si aucun entretien de parcours n’a eu lieu dans les douze mois précédents. Après la visite médicale de mi-carrière, il est organisé dans les deux mois. Le premier entretien intervenant dans les deux années précédant soixante ans comporte des thèmes de fin de carrière. Source : Service Public.
Préparer un entretien consacré au parcours
Abordez compétences, évolution du métier, besoins de formation, souhaits professionnels et dispositifs mobilisables. Cet échange ne porte pas sur l’évaluation du travail. Préparez des suites concrètes : information à transmettre, possibilité de mobilité à étudier ou formation à programmer.
L’entretien se déroule pendant le temps de travail et donne lieu à un document dont une copie est remise au salarié. Pour la mi-carrière, L. 6315-1 interdit à l’employeur l’accès aux données de santé ; les préconisations utiles au poste ne sont pas un dossier médical.
Organiser la preuve et les suites
Conservez le compte rendu, sa remise et les décisions suivies. Reliez l’événement de reprise à votre procédure de retour d’absence, en distinguant entretien, visite médicale et aménagement du poste.
L’abondement correctif du CPF dans les entreprises concernées par le seuil de cinquante salariés répond aux conditions du II de L. 6315-1. Il ne se déduit pas d’une unique case manquante sans examen de la période, des entretiens et des formations.
Pour un retour de congé de proche aidant, rapprochez le dossier d’absence et le calendrier de parcours. Préparez les suites professionnelles sans faire circuler les justificatifs privés auprès du manager.
Ce qu’il faut retenir
- Recalculez les échéances à partir de l’historique réel.
- Vérifiez la transition des accords au 1er octobre 2026.
- Séparez parcours, évaluation et suivi médical.
- Remettez un document et suivez les actions convenues.
FAQ
La réforme permet-elle d’oublier un entretien ancien non réalisé ?
Non : l’historique doit être conservé et analysé. Un changement de rythme ne prouve pas la régularisation d’une obligation antérieure.
Peut-on discuter du diagnostic après la visite de mi-carrière ?
L’employeur n’a pas accès aux données de santé. L’échange porte notamment sur les mesures proposées et les adaptations professionnelles pertinentes.
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À propos de l’auteur. Thiébaut Devergranne est docteur en droit privé, titulaire du CAPA et fondateur de Legiscope. Il travaille depuis plus de vingt ans sur le droit des technologies et la protection des données.