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Mardi 7 juillet 2026
Facturation

Facturation électronique auto-entrepreneur : guide 2026

Auto-entrepreneur : dès le 1er septembre 2026 vous devez recevoir vos factures en électronique. Obligations, dates et solutions.

Beaucoup d’auto-entrepreneurs pensent être hors du champ de la réforme parce qu’ils facturent « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». C’est une erreur : dès le 1er septembre 2026, tout micro-entrepreneur devra être en mesure de recevoir ses factures fournisseurs au format électronique. Voici précisément ce que la réforme change pour vous, et ce qu’il faut faire avant l’échéance.

Auto-entrepreneur : êtes-vous concerné par la facturation électronique ?

Oui. La réforme de la facturation électronique s’applique à toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, quelle que soit leur taille ou leur régime fiscal. Être en franchise en base de TVA (le cas de la plupart des auto-entrepreneurs) ne vous exclut pas du dispositif : la franchise vous dispense de collecter la TVA, mais vous restez juridiquement un assujetti au sens de l’article 256 A du CGI. Vous entrez donc pleinement dans le périmètre de l’obligation.

Cette confusion est fréquente dans mon expérience de conseil auprès de petites structures : la mention « TVA non applicable » figurant sur vos factures ne signifie pas « hors réforme ». Elle signifie simplement que vous bénéficiez d’un régime d’exonération, ce qui n’a aucune incidence sur votre qualité d’assujetti.

Deux volets de la réforme vous concernent, à des échéances différentes :

  • L’e-invoicing : l’obligation d’émettre et de recevoir des factures électroniques structurées pour vos transactions avec d’autres professionnels français (B2B).
  • L’e-reporting : l’obligation de transmettre à l’administration fiscale les données de vos ventes aux particuliers (B2C) et de certaines opérations internationales.

Les dates qui vous engagent

Le calendrier distingue nettement l’obligation de recevoir et l’obligation d’émettre. Pour les micro-entreprises, l’écart est d’un an.

Échéance Ce que vous devez faire
1er septembre 2026 Être en capacité de recevoir vos factures fournisseurs au format électronique
1er septembre 2027 Émettre vos factures B2B au format électronique + transmettre vos données d’e-reporting

Autrement dit, à la première échéance, vous n’avez pas à changer votre façon de facturer vos clients : vous devez seulement pouvoir encaisser les factures électroniques que vos prestataires vous adresseront. C’est à partir de septembre 2027 que vous devrez, à votre tour, émettre des factures électroniques et déclarer vos ventes aux particuliers.

Pour une vue d’ensemble par catégorie d’entreprise, consultez notre calendrier détaillé de la facturation électronique.

Un point souvent négligé : l’e-reporting des ventes aux particuliers

Un grand nombre d’auto-entrepreneurs travaillent essentiellement avec des particuliers (coachs, artisans, thérapeutes, prestataires de services à la personne). Ces ventes B2C ne donnent pas lieu à une facture électronique entre plateformes, mais elles sont soumises à l’e-reporting à compter du 1er septembre 2027 : vous devrez transmettre périodiquement à l’administration les données de chiffre d’affaires correspondantes. Ne pas facturer d’autres professionnels ne vous sort donc pas du dispositif.

Concrètement, comment recevoir une facture électronique ?

C’est ici que se situe le vrai changement pratique. Depuis la décision gouvernementale de 2024, le Portail Public de Facturation (PPF) n’offre plus de service gratuit d’émission ou de réception de factures. Il se limite désormais à deux fonctions : un annuaire central des entreprises et un concentrateur de données pour l’administration fiscale.

Conséquence directe pour vous : vous ne pourrez pas recevoir vos factures « gratuitement via l’État ». Vous devrez passer par une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP), c’est-à-dire un opérateur privé immatriculé par la DGFiP, chargé d’émettre, transmettre et recevoir les factures pour votre compte.

En pratique, préparer votre réception de factures suppose trois étapes :

  1. Choisir une PDP. Comparez les offres selon le tarif (plusieurs éditeurs proposent des formules d’entrée adaptées aux micro-entreprises), la simplicité d’usage et l’intégration éventuelle avec votre outil de facturation actuel. Notre guide comment choisir sa PDP détaille les critères à examiner.
  2. Vous inscrire dans l’annuaire du PPF en déclarant la plateforme sur laquelle vous souhaitez recevoir vos factures. C’est cette déclaration qui permet à vos fournisseurs de vous adresser correctement leurs factures. Pour bien distinguer les acteurs, voir notre article PDP, PPF, OD : comprendre les plateformes.
  3. Vérifier vos coordonnées légales (SIREN, adresse) : une donnée d’annuaire erronée empêche l’acheminement des factures.

Le cas particulier de la franchise en base

Si vous êtes en franchise en base, vos factures continueront de porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». À compter de septembre 2027, cette mention devra figurer dans les données structurées de la facture électronique, et non plus seulement dans un texte libre. Les PDP gèrent nativement ce cas : vous n’avez pas de démarche spécifique au-delà du bon paramétrage de votre régime.

Combien cela va-t-il coûter ?

La réforme supprime la gratuité qu’aurait offerte le PPF, ce qui inquiète légitimement les très petites structures. Dans les faits, plusieurs éditeurs de logiciels de facturation intègrent désormais une fonction PDP ou un raccordement à une PDP dans leurs abonnements existants, y compris dans des offres à quelques euros par mois pensées pour les indépendants. Si vous utilisez déjà un outil de facturation en ligne, votre premier réflexe doit être de vérifier si votre éditeur est ou sera immatriculé comme PDP ou raccordé à l’une d’elles — cela vous évitera d’avoir à gérer un prestataire supplémentaire.

Ce qui change, et ce qui ne change pas

Pour dédramatiser, il est utile de séparer clairement ce que la réforme modifie de ce qu’elle laisse intact dans votre quotidien d’auto-entrepreneur.

Ce qui ne change pas : vos obligations déclaratives auprès de l’URSSAF, votre plafond de chiffre d’affaires, le calcul de vos cotisations, et les mentions légales de fond de vos factures (identité, date, description de la prestation, montant). La réforme ne touche pas à votre régime social ou fiscal.

Ce qui change : le canal par lequel les factures circulent. Une facture papier ou un PDF envoyé par e-mail ne suffiront plus, entre professionnels, pour être considérés comme des factures conformes. La facture devient un fichier structuré (format Factur-X, UBL ou CII) transitant par une plateforme immatriculée. Le contenu obligatoire d’une facture, lui, s’enrichit de quelques mentions nouvelles (numéro SIREN du client, type d’opération, option sur le paiement de la TVA le cas échéant) que les plateformes intègrent automatiquement.

Votre feuille de route par échéance

  • D’ici fin 2025 / début 2026 : identifiez si votre logiciel de facturation actuel prévoit une fonction PDP ou un raccordement. Sinon, comparez les offres de PDP adaptées aux indépendants.
  • Avant le 1er septembre 2026 : souscrivez une PDP, inscrivez-vous dans l’annuaire du PPF et vérifiez vos données légales. Vous êtes alors en règle pour la réception.
  • Courant 2027 : paramétrez l’émission de vos factures électroniques et la remontée de vos données B2C, pour être prêt au 1er septembre 2027.

Ce que vous risquez en cas de manquement

Le dispositif est assorti de sanctions forfaitaires. À défaut d’émission d’une facture sous forme électronique lorsque l’obligation s’applique, l’amende est de 15 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an. Le défaut de transmission des données d’e-reporting est sanctionné de 250 € par transmission, plafonné à 15 000 € par an. Ces montants restent modérés à l’échelle d’une micro-entreprise, mais l’enjeu réel n’est pas seulement l’amende : une entreprise incapable de recevoir les factures de ses fournisseurs se met en difficulté opérationnelle et comptable. Pour le détail du régime, voir notre article sur les sanctions de la facturation électronique.

Ce qu’il faut retenir

  • Vous êtes concerné, même en franchise en base de TVA : la mention « art. 293 B du CGI » n’exclut pas de la réforme.
  • 1er septembre 2026 : obligation de pouvoir recevoir vos factures électroniques. 1er septembre 2027 : obligation de les émettre et de faire l’e-reporting de vos ventes aux particuliers.
  • Le PPF n’est plus gratuit pour émettre/recevoir : vous devez passer par une PDP (opérateur privé immatriculé).
  • Trois actions à mener d’ici septembre 2026 : choisir une PDP, vous inscrire dans l’annuaire, vérifier vos données légales.
  • Sanctions : 15 € par facture non conforme et 250 € par e-reporting manquant, plafonnées à 15 000 €/an chacune.

FAQ

Un auto-entrepreneur en franchise en base doit-il vraiment passer à la facturation électronique ?

Oui. La franchise en base dispense de collecter la TVA mais ne retire pas la qualité d’assujetti. L’obligation de réception s’applique dès le 1er septembre 2026 et l’obligation d’émission au 1er septembre 2027, comme pour toute micro-entreprise.

Puis-je utiliser gratuitement le portail public de facturation (Chorus Pro) ?

Non, plus depuis la réforme de 2024. Le PPF ne joue plus qu’un rôle d’annuaire et de concentrateur de données pour l’administration. Pour émettre et recevoir vos factures, vous devez recourir à une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) immatriculée par la DGFiP.

Que se passe-t-il si je ne facture qu’à des particuliers ?

Vous ne recevrez pas de factures B2B entrantes obligatoires, mais vous restez tenu, à compter du 1er septembre 2027, de transmettre les données de vos ventes B2C via l’e-reporting. Vous devez malgré tout être en mesure de recevoir des factures électroniques de vos propres fournisseurs professionnels dès septembre 2026.

Dois-je choisir ma PDP tout de suite ?

Il est recommandé de ne pas attendre. L’obligation de réception étant fixée au 1er septembre 2026, le choix et le paramétrage de la plateforme doivent être finalisés avant cette date. Le plus simple est de vérifier d’abord si votre logiciel de facturation actuel est raccordé à une PDP.


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