by Thiébaut Devergranne on 03/04/2012

La CNIL vient de mettre en demeure l’OPH Paris Habitat pour avoir réalisé un traitement illicite de données personnelles.
Les faits sont pour le moins sordides puisque lors d’un contrôle la CNIL a découvert que l’établissement collectait des données sensibles sur ses locataires, avec des appréciations telles que : ”séropositif“, “cancer“, “sous chimiothérapie“, “n’est pas de nationalité française“, ou encore “alcoolique”…
Ce traitement de données personnelles est d’autant plus problématique qu’il semble qu’une diversité de destinataires avait accès à ces informations, comme en témoigne le communiqué de la Commission : “Les contrôles opérés auprès de l’OPH PARIS HABITAT dans le cadre de l’instruction de ces plaintes ont permis de constater que certains de ses gardiens avaient effectivement accès au compte locatif des personnes résidant dans l’immeuble auquel ils étaient affectés. Ces gardiens avaient également accès à des informations relatives à tous les locataires de l’OPH, y compris ceux qui ne logeaient pas dans l’immeuble dont ils avaient la charge“.
Trois points méritent ici une attention particulière : d’abord les risques juridiques qu’une telle situation fait courir à une organisation ; ensuite, l’origine exacte du problème, qu’il convient de déterminer afin de pouvoir protéger une organisation contre ces risques ; enfin évidemment la réaction de la CNIL face à ce traitement.
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by Thiébaut Devergranne on 21/02/2012
On disposera bientôt d’une protection pénale du secret des affaires ! La proposition de loi initiée par Bernard Carayon vient d’être débattue et adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale. Alors que le texte était sujet à de très importantes critiques dans sa rédaction initiale, on voit maintenant apparaître une version considérablement améliorée. L’impulsion du député a été décisive et a permis de gommer nombre de défauts du projet originel. Le minimum est donc ici de saluer l’important travail de réflexion qui a été mené.
L’idée majeure de la proposition de loi est de permettre aux entreprises de faire sanctionner par 3 ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende la diffusion volontaire d’informations couvertes par le secret des affaires.
Pour autant, le texte conserve aujourd’hui 3 problèmes qui résultent, pour l’essentiel, des risques d’abus potentiels dans la mise sous secret.
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by Thiébaut Devergranne on 31/01/2012
Aussi foudroyante soit-elle, l’affaire EDF - qui a révélé le piratage par EDF des systèmes informatiques de Greenpeace - est pétrie de vertus. D’abord, il y a le versant “pédagogique” :
1.5 million d’euros d’amende pour EDF pour avoir été défaillante dans la gestion de ses contrats sensibles et laissé son responsable sécurité mettre en place une écoute illicite des systèmes informatiques de Greenpeace. Un an de prison ferme pour le responsable sécurité d’EDF qui a orchestré les opérations. Un an de prison ferme pour le consultant de la société qui a commandité et organisé l’attaque. Un an de prison ferme pour le pirate qui a attaqué les systèmes de Greenpeace et mis en place la surveillance sauvage ; 2.200.000 € d’amende et de dommages et intérêts cumulés pour les protagonistes ! Voilà, qui devrait convaincre de la nécessité d’encadrer les opérations d’intelligence économique…
Ensuite, il y a le versant “nouveautés” : la mise en cause d’EDF, en tant que personne morale pour accès frauduleux et recel. C’est la première fois qu’une entreprise écope d’une sanction aussi importante pour complicité d’accès et maintien frauduleux.
EDF a été condamnée à 1.5 million d’euros pour piratage informatique
C’est également la première fois, à notre connaissance, que la possession de biens issus d’un accès frauduleux (un CDROM contenant les données de Greenpeace) a été sanctionnée pour recel.
Derrière ce jugement se dresse le spectre d’une véritable mise sous tutelle de l’activité des responsables sécurité, car il ressort de cette décision que si l’organisation n’est pas en mesure d’assurer un contrôle efficace de la légalité des opérations mises en œuvre, sa responsabilité pourra alors se voir engagée. Au-delà d’un rappel des faits, cette affaire exceptionnelle appelle à s’interroger sur les facteurs qui ont permis un tel écueil.
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